Une étude menée par E & B Data, sous la direction de l’Association de l’industrie des technologies de la santé, a révélé qu’en 2004, on comptait plus de 600 entreprises dans ce secteur au Québec. De plus, cette industrie, avec ses 15 000 emplois, était aussi importante que l’ensemble de l’industrie bio-pharmaceutique du Québec. Enfin, l’étude nous a appris que ce secteur économique était très innovateur, car plus de 10 % sa maind’oeuvre se consacre à des activités de recherche et développement.
Le secteur des technologies de la santé regroupe les systèmes, les instruments, les appareils et les dispositifs médicaux ainsi que les fournitures et les technologies de l’information et des communications. Ces technologies sont utilisées pour la prévention, le dépistage, le diagnostic, les traitements, la réadaptation ainsi que l’organisation et la livraison de services.
Des données récentes, compilées par le Massachusetts Institute of Technology, établissent que le marché mondial des technologies de la santé est d’environ 270 milliards de dollars canadiens. Par ailleurs, le taux de croissance annuel devrait être de 8 % au cours des vingt prochaines années. Un tel taux de croissance fera en sorte que la taille de l’industrie sera multipliée par quatre durant cette période. Cette croissance anticipée du secteur repose sur des facteurs structuraux très favorables tels le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques ainsi que l’affluence et l’influence des baby-boomers sensibilisés à l’importance de la santé.
Par ailleurs, l’ensemble de ces facteurs laisse présager de nombreux défis en matière de ressources humaines et financières pour les systèmes de santé. Dans ce contexte, l’industrie des technologies de la santé sera de plus en plus appelée à jouer un rôle de partenaire dans la gestion de la productivité, l’amélioration de la performance et le contrôle global des coûts par épisode de soins.
Le plus important consommateur de ces technologies est bien évidemment les États-Unis. Ce marché représente à lui seul entre 40 et 45 % du marché mondial. La consommation d’appareils médicaux a connu un boom effarant chez nos voisins du sud. Ce marché a été mul-tiplié par 9 au cours des 25 dernières années passant de 11,1 milliards de dollars en 1980, à 99,5 milliards de dollars américains en 2005.
Les données sur le marché québécois sont très fragmentées. Une compilation de l’Association des hôpitaux du Québec indique que le réseau québécois de la santé et des services sociaux achète annuellement pour plus de 600 millions de dollars de matériels médicaux. Ce montant exclut les investissements annuels en immobilisation pour l’achat d’équipements spécialisés en haute technologie.
Ce montant n’inclut pas, non plus, les équipements remboursés par la RAMQ, la SAAQ, la CSST et les assureurs privés ainsi que les produits vendus en laboratoires médicaux ou directement au consommateur. On estime la demande québécoise d’appareils et de dispositifs médicaux à environ 1,3 milliards de dollars, soit près du quart de la demande canadienne.
Malgré sa petite taille, le marché local demeure très important pour les entreprises québécoises de ce secteur. Le marché local constitue souvent le marché test qui servira de tremplin pour atteindre des marchés à plus grand volume qui permettront les économies d’échelle nécessaires à leur compétitivité.
Notons que 37 % des emplois du secteur dépendent des marchés d’exportation. Une étude menée par le Conseil national de recherche du Canada indiquait qu’en 2003,156 entreprises québécoises avaient reçu des approbations de commercialisation aux États-Unis pour 392 appareils médicaux. La croissance des exportations avait été relativement stable avant l’année 2000. Depuis lors, selon le ministère du Développement économique, de l’Exportation et de l’Innovation du Québec, les exportations québécoises croissent au rythme faramineux de 22,5 % annuellement. Un tel taux permet de doubler les expéditions québécoises tous les trois à quatre ans.
Notons que les deux tiers des entreprises du secteur comptent moins de 100 employés. Il est très difficile pour des petites et moyennes entreprises aux moyens limités d’attaquer des marchés étrangers. L’accès au marché local devient donc un enjeu fondamental dans la solidification de la base économique des entreprises. Cette base économique leur permettra par la suite de tenter leur chance sur les marchés extérieurs. À ce chapitre, les processus d’approvisionnement sur les marchés publics locaux ne sont pas toujours des plus sensibles à la réalité de l’industrie québécoise.En effet, ces processus sont parfois complexes et les PME méconnaissent leur fonctionnement. En outre, la consolidation de la demande en grands projets ou en méga appels d’offres réduit l’éligibilité des PME locales.
Le défi de la commercialisation sera donc au coeur des préoccupations de l’industrie. Le potentiel du secteur est énorme et pourrait être à l’origine de la création de richesses impressionnantes. Cependant,les joueurs sont nombreux. Saurons-nous saisir l’occasion qui s’offre à nous ? Pourrons-nous tirer profit des 3,6 milliards de dollars investis dans les trois hôpitaux universitaires de Montréal et des 2 milliards de dollars d’investissements pour la mise en oeuvre des dossiers
de santé électroniques parrainés par Inforoute Santé du Canada ? Aurons-nous la vision nécessaire pour entamer une action concertée de l’ensemble des intervenants afin de permettre le développement d’une industrie essentielle, dont les taux de croissance seront élevés et faiblement influencés par la conjoncture économique ?